Nouvelles de l’eau qui monte

Entrée de mars 2007

Vous saviez que Di Rupo avait des photos de lui sur FlickR ?

22 mars 2007 · Laisser un commentaire

 

C’est assez cocasse, vous verrez. Amusant aussi de voir qu’il considère son noeud papillon comme un ‘mythe’. Ca ressemble presque à un trouble de la personnalité ;-) Autre moment de bravoure : le passage d’Yves Leterme et Johan Vande Lanotte avec de fausses barbes dans ‘Debby & Nancy‘, sur la VRT. Avec tout ça, on en oublierait presque la caisse noire de Charleroi

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Le scandale des pompes défectueuses

18 mars 2007 · Laisser un commentaire

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Depuis quelques jours, tout le monde ne parle plus que de cela : après Katrina, les pompes qui étaient censées pomper l’eau hors de la ville en cas d’inondation étaient défectueuses, et l’Armée le savait. C’est l’Associated Press qui a levé le lièvre, et depuis lors, le scandale n’en finit plus d’enfler.

Au corps du scandale se trouve le ‘Corps of Engineers‘ (la division du génie) de l’Armée américaine. C’est le ‘Corps’ qui avait (très mal) installé les premières digues et les premières pompes. Lors de Katrina, les digues défaillantes ont rompu, et trois mètres d’eau se sont déversés dans la ville. J’ai vu ces digues, et je pense sincèrement que les châteaux de sable que je construisais sur la plage quand j’étais petit étaient plus résistants.

Mais, alors que l’eau aurait dû être rapidement évacuée par les pompes, elle est restée trois semaines. Les pompes sont tombées en rade, et si les Allemands et les Hollandais ne s’étaient pas pointés avec des pompes de secours (après que Bush avait refusé leur aide une première fois), on aurait pu attendre que l’eau s’évapore. Autant vous dire que quand vous avez trois mètres d’eau dégueulasse dans votre maison pendant trois semaines, il ne reste plus grand’chose de votre maison après.

Bush avait donc promis, après l’ouragan, qu’on allait reconstruire les digues et installer de nouvelles pompes illico. Et qui avait-il chargé de cette mission ? Le Corps of Engineers, évidemment. Autant dire que les habitants, qui tenaient (à juste titre) le Corps pour responsable de l’inondation, étaient ravis, et remplis de confiance dans leur Armée. En toute hâte, puisqu’il fallait être prêt pour la saison 2006 des ouragans, qui commence début juin, le Corps a donc acheté 34 pompes à une société de Floride, Moving Waters Industries, et les installées le long des canaux.

Le problème, c’est que les pompes étaient usagées et ne fonctionnaient pas bien : en cas de Katrina bis, la ville aurait été à nouveau sous eau pendant trois semaines, l’année dernière. Et l’Armée le savait ! Mais, comme l’Armée fait dans ces cas-là, elle n’a rien dit, a installé les pompes, et a prié pour qu’il n’y ait pas gros ouragan. C’est donc l’Associated Press qui a révélé toute l’affaire il y a quelques jours. Aux Etats-Unis, ils ont peut-être une armée nulle, mais ils ont de bons journalistes.

Mais on apprend maintenant que la société qui a vendu les pompes (pour 27 millions $, quand même) était liée à Jeb Bush, gouverneur de Floride et frère de George : il y a quelques années, Jeb Bush était même carrément un associé de Moving Waters Industries. Et on apprend aussi que cette même société avait déjà arnaqué le Nigéria en 2002, avec une transaction similaire, pour 74 millions $ : ils avaient des pompes défectueuses, et pas nécessaires. Autant dire que c’est maintenant l’outrage généralisé, et que tout le monde veut une commission d’enquête du Congrès sur l’affaire (tiens, il font aussi des commissions d’enquête, comme en Belgique). On raconte aussi que l’argent de Katrina aurait servi à acheter une villa pour le maire à Carcassonne, mais ça, ce n’est encore qu’une rumeur, à ce stade.

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L’homme qui est au coeur du scandale s’appelle Jeffrey Bedey. C’est le colonel qui est le commandant du ‘Corps’ pour La Nouvelle-Orléans, et qui est donc chargé de superviser l’installation des nouvelles digues et des nouvelles pompes. Sincèrement, je pense que c’est l’un des individus les plus stupides qu’il m’ait été donné de croiser (et pourtant, j’ai vu Richard Virenque, il n’y a pas longtemps). J’ai eu l’occasion de rencontrer Jeffrey Bedey, il y a quelque temps, après un ‘community meeting’ (une réunion de quartier) où il expliquait aux habitants du Lower 9th Ward comment leur quartier allait désormais être protégé par les pompes et les digues que ses soldats étaient en train d’installer. Les habitants n’avaient pas manqué de lui faire savoir, et vertement, qu’ils n’avaient absolument pas confiance en lui, et qu’on aurait dû faire appel aux Hollandais plutôt qu’à l’armée. Tout ce que Bedey trouvait à dire, c’est que l’Amérique était ‘the greatest nation in the world’, et que son armée était la meilleure du monde, et qu’il fallait avoir confiance, tout ça. Après la réunion, je lui avais posé quelques questions, et je lui avais demandé s’il pensait vraiment tout ce qu’il racontait, ou si c’était juste des trucs qu’il disait pour remonter le moral des gens. Il m’avait dit qu’il le pensait vraiment.

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La Belgique et les Américains II – L’Empire contre-attaque

14 mars 2007 · Laisser un commentaire

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Récemment, je suis allé écouter Camille Sailer au World Trade Center Club de La Nouvelle-Orléans, une sorte de Rotary Club pour les investisseurs et les hommes d’affaires du coin. Camille Seiler, voilà un nom qui ne vous dit sans doute rien, et à moi non plus. Camille Seiler est pourtant la déléguée du Département du Commerce US à Bruxelles, c’est-à-dire la représentante officielle des intérêts commerciaux américains en Belgique. A part ça, sur son CV, elle prétend qu’elle a une ceinture noire de taekwondo et qu’elle parle français, allemand, néerlandais, espagnol et coréen, mais je ne la crois pas. Personne ne parle à la fois espagnol et coréen.

Camille Sailer avait donc réuni, un jour matin, une vingtaine d’hommes d’affaires pour leur parler de « Belgium: The Gateway to Europe ». Parfaitement, comme je vous le dis. Pour tout dire, Camille Sailer était carrément en tournée à travers les Etats-Unis pour faire la promotion de la Belgique, nouveau paradis des investisseurs américains. En quelque sorte, elle faisait la sous-traitance du Prince Philippe, habituellement chargé de ce genre de missions. Pourquoi se tuer à faire soi-même ce que les Américains peuvent faire bien mieux, et gratuitement ? Le Prince Philippe n’est pas si stupide, finalement.

Quels étaient donc, aux dires de Camille Sailer, les points forts de la Belgique, qui était selon elle une ‘very successful economy’ ? On eut bien sûr droit aux poncifs habituels : situation centrale, main-d’œuvre très qualifiée, port d’Anvers, excellent réseau de communication, bla bla bla. Mais aussi à d’autres plus inattendus : par exemple, le réseau de canaux, très sous-utilisé, et qui ‘permet d’acheminer très rapidement toute marchandise à un coût minime, d’une manière respectueuse de l’environnement’. Incroyable : une sbire de Bush qui fait la promotion du transport de marchandises par voie d’eau ! Depuis José Daras, je n’avais plus entendu personne faire la promotion des canaux belges (hormis bien sûr l’office du tourisme de Bruges, pour d’autres raisons). Autre avantage de la Belgique : les courtes distances, et la possibilité de toucher 355 millions de consommateurs dans un rayon de 300 miles, soit un peu plus de 500 kilomètres. Certains dans l’assistance n’en croyaient pas leurs oreilles. Et surtout, ces consommateurs sont riches ! J’ai ainsi appris qu’en termes de produit national brut par habitant, la Belgique se classait 8ème mondiale (mais la CIA nous classe 24èmes – qui croire ?) Ce qui permet, selon Camille Sailer et dans des termes que je caricature à peine, de fourguer aux consommateurs belges toute une série de trucs que les consommateurs indiens ou chinois, quoique plus nombreux, n’auraient jamais les moyens de se payer. Et surtout, ce qui fit rêver plus d’un auditeur de Camille Sailer: ‘the spirit of litigation has not caught up yet’. Comprenez que les Belges ne font pas –encore- des procès pour tout et n’importe quoi. Pas comme le gars qui avait accidentellement fait griller son chat dans un four à micro-ondes, puis avait attaqué la compagnie d’électro-ménager parce que le mode d’emploi du four n’indiquait pas qu’il ne fallait pas y mettre de chat.

Quels étaient donc les points faibles de ce nouvel eldorado, où le ‘spirit of litigation’ n’avait pas encore pris pied ? Les charges sociales, les impôts, la législation contraignante en matières environnementale et sociale ? Pas du tout. D’abord, la complexité de la législation européenne : les labels de qualité, le nouveau programme REACH, etc etc. Mais surtout le fédéralisme, selon elle ‘paralysant’, et qui force les compagnies américaines désireuses d’ouvrir une succursale en Belgique à en ouvrir deux plutôt qu’une, une pour la Flandre et une autre pour la Wallonie. Selon le mot de Camille Sailer, ‘federalism might be good for cuisine, but certainly not for efficiency’. Et puis, il y a la lenteur des décideurs : on a ainsi appris qu’en Belgique, un déjeuner d’affaires pouvait durer jusqu’à trois heures. Camille Sailer s’est même risquée à comparer les relations d’affaires en Belgique aux flirts des adolescents américains : ‘You need at least three or four dates before you get to the point’.

Mais le plus intéressant fut sans doute la séance de questions-réponses. A une question qui portait sur les villes qui semblaient promises à un développement économique rapide, Camille Sailer eut cette réponse décoiffante : Liège ! Liège, ‘an emerging distribution center’, ‘an excellent cargo gateway’. Et demain, Michel Daerden s’inscrira aux Alcooliques Anonymes, aussi. Un autre investisseur s’inquiétait du fait que l’économie belge ne semblait pas encore vraiment convertie au concept du ‘just in time’. Pas du tout, lui a retorqué Camille Sailer : l’usine VW de Forest est la leader mondiale du ‘just in time’ pour l’industrie automobile. Certains, à Ingolstadt, ont dû entendre leurs oreilles siffler. D’ailleurs, selon l’oratrice, l’industrie automobile était promise à un bel avenir en Belgique. Enfin, un dernier spectateur, en termes très diplomatiques, s’inquiéta des conséquences de la guerre en Irak sur les relations commerciales avec les patrons belges. Camille Sailer, après avoir rappelé que les Belges admiraient encore énormément de qualités chez les Américains, et leur restaient reconnaissants du sacrifice consenti durant la Seconde Guerre mondiale, eut alors cette phrase merveilleuse : ‘You know, business transcends politics.’

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Ces grands hommes qui nous quittent

13 mars 2007 · Un commentaire

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Robert Adler, l’inventeur de la télécommande pour télévisions, est mort il y a peu. La télévision qui se trouve dans mon appartement est une vieille télévision sans télécommande, et, même si elle ne capte que trois chaînes, je peux vous assurer que Robert Adler fut véritablement un bienfaiteur de l’Humanité. Je me propose d’ailleurs de lancer prochainement une pétition pour le transfert de sa dépouille au Panthéon.

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La Belgique et les Américains

12 mars 2007 · 2 commentaires

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Une idée fréquemment répandue en Europe, et alimentée par de copieuses doses d’anti-américanisme, est que les Américains ne connaissent rien à la Belgique. Rien n’est plus faux. Déjà à New York, il y a cinq ans, j’avais été surpris par la connaissance approfondie que les Américains avaient de notre pays : le fédéralisme, les clubs de football, les armes de la FN, Léon Casaert (non, quand même, pas à ce point). On m’avait dit alors, à juste titre, que les New-Yorkais constituaient un échantillon peu représentatif de la population américaine. En effet : les Louisianais connaissent encore bien mieux la Belgique que les New-Yorkais. La plupart des gens que j’ai rencontrés, et pas seulement dans les universités, étaient au moins capables de dire qu’il s’agissait d’un petit pays d’Europe. Mais beaucoup en savaient beaucoup plus : je sais que ça va paraître incroyable, mais j’ai ainsi rencontré un type qui m’a juré, la main sur le cœur, avoir déjà séjourné à Saint-Trond (à Saint-Trond ! je n’y suis moi-même jamais allé !) A l’université, les étudiants me demandent souvent s’il est exact que le cannabis est autorisé en Belgique – moi qui n’ai jamais été très favorable à la légalisation des drogues douces, je dois reconnaître qu’il s’agirait d’un formidable argument touristique, auquel je n’avais pas songé. Et puis, surtout, j’ai rencontré quelqu’un qui m’a assuré qu’il séjournait souvent à Liège, en touriste ! Le plus sérieusement du monde, il m’a expliqué que sa femme était férue de Moyen-Âge, et que Liège constituait pour eux une base idéale pour visiter Tongres et Aix-la-Chapelle. Liège, porte ouverte sur l’exploration du Moyen-Âge : voilà un autre argument touristique auquel je n’avais pas pensé. Moi qui m’étais toujours demandé ce qui pouvait attirer les touristes à Liège, j’ai ma réponse : le Moyen- Âge, bien sûr ! Mais bon, il faut reconnaître que les Etats-Unis ne sont pas vraiment le pays idéal pour visiter des sites médiévaux.

Quoi qu’il en soit, je suis convaincu que les Américains connaissent bien mieux la Belgique que nous ne connaissons les Etats-Unis : combien, parmi vous, pourraient citer la capitale du Connecticut (et je ne parle même pas du Dakota du Nord…) ou les Etats limitrophes de la Géorgie (et je ne parle même pas du Nevada…) ? Certainement pas moi, en tout cas. Mais il y a encore plus fort : le Département du Commerce s’occupe même, ici, de vanter les mérites de la Belgique aux investisseurs locaux – mais ça, je vous en parle demain.

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Les pécheurs iront en enfer, les évangélistes y sont déjà

3 mars 2007 · Laisser un commentaire

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En plus de milliers de fêtards, le Mardi Gras attire aussi son lot d’évangélistes. Ils sont plantés là, avec des pancartes débiles (‘Fear God!’ ‘Sinners go to hell!’), au milieu de Bourbon Street, à subir les quolibets et insultes des passants.

Bizarrement, alors que je m’attendais plutôt à trouver une bande vieillards décatis aux relents pédophiles, j’ai été assez surpris de voir que certains d’entre eux étaient plutôt jeunes, et ne m’auraient peut-être même pas fait changer de trottoir si je les avais croisés en rue. Ceci veut dire qu’il est devenu désormais impossible de les repérer du premier coup d’oeil, ce qui est un peu inquiétant. Pendant le carnaval, par contre, impossible de les rater : leurs pancartes proclament des messages plus saugrenus les uns que les autres – j’ai même lu que les mormons iraient en enfer, c’est dire ! Reste qu’on peut quand même s’interroger sur le sens de leur démarche : je suis à peu près sûr qu’ils n’ont pas converti un seul païen, et, s’ils pensent vraiment ce qu’ils racontent, le spectacle de Bourbon Street doit représenter pour eux à peu près l’équivalent d’un congrès international de bonne gouvernance pour Claude Despiegeleer. Restent deux possibilités : soit ils sont là par provocation délibérée, ce qui n’est pas très chrétien, soit ils viennent juste se rincer l’oeil, ce qui les rend tout de suite beaucoup plus sympathiques.

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Chiens et chats

1 mars 2007 · Laisser un commentaire



Une des parades étonnantes du Carnaval est la parade de Barkus, qui est une parade de chiens. Tous les chiens de la ville – et leurs propriétaires – sont invités à déambuler dans les rues du Vieux Carré : cette année, environ 1000 chiens (et autant de propriétaires) ont défilé. Et bien sûr, tout le monde, chiens et humains, est déguisé.

L’amour des gens pour leurs animaux domestiques est une donnée qui a été totalement négligée dans l’évacuation de la ville. Les animaux n’étaient pas admis dans les bus d’évacuation, ni dans les refuges, et beaucoup ont refusé d’évacuer pour ne pas abandonner leurs animaux. C’est ainsi que pas mal de gens ont été pris au piège, et sont morts avec leur chien ou leur chat. On peut trouver ça admirable ou absurde, mais c’est comme ça.

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