Nouvelles de l’eau qui monte

Entrée de janvier 2007

Couvre-feu

30 janvier 2007 · 4 commentaires

“Global warming is the issue of our time.” Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Lindsay Lohan, dans le numéro de février de GQ.

Un court billet pour vous proposer de participer, ce jeudi 1er février, à un action de sensibilisation à la réalité du changement climatique. L’idée est assez simple : elle consiste à demander à chaque citoyen(-ne) d’éteindre les lumières allumées chez lui/elle entre 19h55 et 20h00. Le but est évidemment de réaliser un coup médiatique, à l’heure où le GIEC est réuni à Paris pour discuter et présenter son nouveau rapport (1644 pages, à interlignes simples !) sur l’état du changement climatique, et ce à quoi on doit s’attendre dans les prochaines années. L’action a été lancée par L’Alliance pour la Planète, une coalition de 72 organisations environnementales françaises, mais a depuis largement essaimé à travers l’Europe. Et la Mairie de Paris a même décidé d’éteindre la Tour Eiffel à ce moment-là.

D’habitude, je suis assez réservé quant à la pertinence de ce genre d’actions – par exemple, je ne suis pas très convaincu de la pertinence des journées sans voitures – , mais j’aime bien celle-ci, parce qu’elle me rappelle la journée des Droits de l’Homme, le 10 décembre, quand tout le monde allume une bougie d’Amnesty à sa fenêtre. Je crois, au fond, que j’aime bien l’idée que tout le monde pense à la même chose à un moment donné. Oups, voilà une affirmation qui devrait suffire à faire de moi un infâme-suppôt-de-la-mondialisation-néo-libérale-totalitaire-qui-oppresse-les-hommes.

Bon, on aurait pu faire des trucs plus rigolos et plus originaux : demander à tout le monde de descendre nu dans la rue, de brûler une voiture (oups, non, ça a l’on déjà fait il n’y a pas très longtemps, ça n’avait pas eu l’effet escompté), ou que sais-je encore, mais il faut reconnaître qu’éteindre la lumière jeudi soir pendant cinq minutes, ça me semble être à la portée de tout le monde, sauf peut-être de celle des gardiens de phare. Tiens, voilà une blague qui est vraiment nulle.

Catégories : Changement climatique

Bush-bashing

30 janvier 2007 · Un commentaire

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Mardi dernier, c’était le discours sur l’Etat de l’Union – un peu l’équivalent des voeux de nouvel an de nos politiques à nous, sauf qu’ici, ça passe en direct à la télé. Mardi dernier, je m’apprêtais donc à aller regarder le discours de W en courant sur un tapis roulant dans la salle de sport de l’université (mais qu’allais-je donc faire dans une salle de sport un mardi soir ? Je vous dirai ça plus tard), lorsque je fus soudain happé par quelques collègues, qui m’invitaient à les rejoindre à la salle des profs pour regarder le discours à la télévision en buvant du vin californien dégueulasse (même moi, je le trouvais mauvais, c’est dire).

Le grand jeu, cette année (mais comme chaque année depuis que W a été élu, à vrai dire), consistait à boire un verre d’alcool chaque fois que W prononçait certains mots, encodés dans une grille disponible ici. Malheureusement, nous n’avions qu’une seule bouteille de vin, et avons donc dû nous en tenir à un joyeux florilège d’insultes traditionnellement réservées à la conduite automobile. Il est très difficile, ici, de trouver quelqu’un capable de prononcer le nom de Bush sous l’assortir d’une insulte de bon aloi.

Chaque année, à la fin du discours, je suis frappé de vois des députés, sénateurs et autres officiels s’approcher de Bush pour lui demander des autographes. Imaginez un instant Alisson De Clercq demandant un autographe à Verhofstadt après son discours de politique générale, ce serait rigolo. Ou François Hollande demandant un autographe à Chirac après les voeux du 14 juillet. Oui, Alisson De Clercq est députée, ce n’est pas une blague.

A part ça, outre les litanies habituelles sur la guerre, la sécurité, la démocratie, l’Irak, tout ça, deux thèmes nouveaux sont soudain apparus : l’équilibre budgétaire (une exigence des démocrates), et les défis du changement climatique. Oui, parfaitement, les défis du changement climatique, que l’on allait affronter avec des énergies renouvelables à la pelle, des bio-carburants à la louche, et bien sûr, de l’énergie nucléaire sans danger. Ceci dit, si imperceptible soit-il, c’est le signe d’un changement notable : le changement climatique occupe ici une place sans cesse plus importante dans l’agenda politique et médiatique, et dans les conversations des gens. The Economist ne s’y est d’ailleurs pas trompé; nous en reparlerons un jour.

Oh, et puis, un petit détail amusant : vous vous souvenez de ces pin’s à l’effigie du drapeau américain que tout le monde portait depuis le 11 Septembre ? Eh bien, il n’y a quasiment plus que W et Cheney qui les portent encore. Tous les démocrates en vue, mardi, affichaient un revers de veste entièrement lisse. Clinton, Obama, Pelosi : personne n’en avait. Même McCain s’était permis de s’en dispenser. Combien de temps faudra-t-il encore pour que Bush et Cheney comprennent que les pin’s sont aujourd’hui totalement ringards ? L’an prochain, je vous parie qu’ils se pointent avec un badge ’smiley’ ou un autocollant ‘touche pas à mon pote’.

Quel rapport avec La Nouvelle-Orléans, me direz-vous ? Eh bien justement, c’est là le problème : il n’y en a pas. Pendant une heure de discours, Bush est parvenu à citer des endroits improbables comme la Birmanie ou le Bélarus, mais n’a pas évoqué une seule fois La Nouvelle-Orléans. L’an dernier, Bush y avait consacré 156 mots sur 5400. Cette année, pas un seul. Trop de noirs*, trop de pauvres, pas intéressant.

* pas parce que Bush est raciste, mais parce qu’ils votent très majoritairement démocrate.

PS: Et allez voir aussi cet amusant papier du LA Times sur le nouveau lapsus de Bush pendant son discours – lapsus qui aurait plutôt tendance à confirmer ma vieille idée selon laquelle Bush commet ses lapsus, gaffes et autres ‘bushismes’ intentionnellement…

Catégories : Politique

Politiquement incorrect

29 janvier 2007 · Laisser un commentaire

Entendu aujourd’hui à la radio, dans un programme consacré au poids politique des nouveaux sénateurs élus lors des ‘midterm elections’ de novembre dernier. Parmi ces ‘freshmen senators’, ceux dont c’est le premier mandat, un seul est républicain, un certain Bob Corker (Tennessee), personnage assez peu recommandable par ailleurs.

Le commentateur ironise sur l’isolement de ce sénateur parmi ses pairs démocrates, et ajoute qu’aux journées d’orientation organisées au Sénat pour les nouveaux, en novembre, il a dû se sentir “lonelier than a Jew at a Hezbollah picnic”.

Ce qui est drôle, surtout, c’est d’imaginer les gusses du Hezbollah en train d’organiser un pique-nique à la campagne.

Catégories : Politique

Gun show

28 janvier 2007 · 4 commentaires

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Le week-end dernier, je suis allé à mon premier “gun show“. Un gun show, c’est un peu comme la Foire du Livre, sauf qu’au lieu d’exposer des livres, on expose des flingues. Je me suis donc acquitté des 8$ de droit d’entrée (ce n’est pas donné; heureusement, les enfants de moins de 6 ans rentrent gratuitement, ce qui est une bonne nouvelle), j’ai assuré au garde à l’entrée que je n’avais pas d’arme (bizarrement, on n’a pas le droit d’entrer armé), et j’ai pénétré à l’intérieur de la salle. Quand je pense que mes parents, quand j’étais petit, me faisaient croire que les pistolets étaient des foreuses, j’imagine leur tête quand ils apprendront que leur fils passe ses après-midis au gun show…

Que trouve-t-on dans un gun show ? Plein de choses, c’est un vrai régal pour les yeux, croyez-moi. Evidemment, on trouve d’abord plein d’armes, pour tous les goûts et toutes les bourses : des fusils pour s’amuser avec ses amis comme Dick Cheney, des Walther PPK comme celui de James Bond, et j’ai même vu une mère qui achetait un sabre à son gamin de 12-13 ans. Un sabre ? Pourquoi pas une PlayStation, tant qu’on y est ? Mais on trouve aussi d’autres choses : des bijoux de très mauvais goût, des livres d’occasion, et même d’amusants autocollants pour pare-chocs de voiture, comme les trois que j’ai achetés. En cherchant bien, j’ai même réussi à trouver deux stands qui vendaient des ‘nazi memorabilia’ : des écussons frappés de la croix gammée, des Lüger utilisés par les SS, des lettres adressées à Goebbels, etc. Bizarrement, ces deux-là n’ont jamais voulu que je les prenne en photo, et la présence à leurs côtés de livres d’hommage aux vétérans de la Seconde Guerre mondiale ne semblait pas les gêner le moins du monde. Qu’on m’explique…

Mais le plus étonnant, dans le gun show, ce n’est pas ce qu’on y vend : ce sont les gens qui y sont. Il y a d’abord beaucoup de policiers, qui sont censés surveiller ce qui se passe (mais qui, je l’ai bien vu, font aussi un peu de shopping en douce), mais il y a surtout un nombre incalculable d’amputés, d’estropiés et de défigurés. Clairement, au moins un quart des participants se sont un jour fait tirer dessus (peut-être que c’étaient tous des amis de Dick Cheney). Apparemment, ça ne leur a pas servi de leçon. Quant au reste, honnêtement, je ne pense pas que ce sont des gens que j’inviterais chez moi pour un barbecue.

Enfin, combien ça coûte ? J’imaginais naïvement qu’il me faudrait débourser 1000$ au bas mot pour acquérir un ridicule revolver de poche. Pas du tout ! Pour 120$ à peine, le prix d’un billet A/R en Eurostar, un revolver quelconque est déjà à votre portée. Pour des marques plus prestigieuses comme Browning ou Smith & Wesson, comptez environ 350$. Avec des prix pareils, évidemment, on ne s’étonnera guère que des adolescents veuillent aussi participer…

Catégories : New Orleans

Bonjour à tous !

28 janvier 2007 · Un commentaire

Certains d’entre vous, lorsque je suis parti, m’avaient demandé de donner des nouvelles régulièrement. Je m’aperçois que ça fait presqu’un mois que je suis là, et que je n’ai pas encore donné beaucoup de nouvelles. C’est donc la première raison d’être de ce blog : plutôt que de vous envoyer de longs e-mails collectifs, je me suis dit qu’il serait plus simple d’ouvrir ce blog.

La deuxième raison d’être du blog, c’est de donner quelques nouvelles de la Nouvelle-Orléans. Voici un an et demi que la ville a été dévastée par Katrina, et il faut bien avouer que plus personne n’en parle. Alors que la ville est toujours dans un état peu glorieux.

Enfin, c’est aussi un moyen d’entrer enfin dans le Web 2.0, l’internet des “producteurs de contenus”. Ne vous demandez pas ce qu’internet peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour internet… Eh bien, voici ma contribution.

Ah oui, et pourquoi ce titre un peu ridicule, “Sportsman’s Paradise” ? Vous savez sans doute que les plaques d’immatriculation américaines portent un slogan se rapportant à l’Etat d’où elles proviennent. Les plaques de New York portent le slogan ‘The Empire State’, celles du Connecticut ‘The Constitution State’, celles du Texas ‘The Lone Star State’, etc. Celles de Louisiane proclament que l’Etat est le “paradis du sportif”. Quand je suis sorti de l’aéroport et que j’ai vu les voitures, j’ai su que j’étais ici chez moi.

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